Donna Tartt - Le chardonneret

Théo Decker, jeune new-yorkais de 13 ans au début du roman, voit sa vie basculer le jour où un attentat détruit une partie du Metropolitan Museum of Art. Sa mère est tuée dans l'explosion alors que lui-même s'en sort indemne. Tandis qu'il reprend conscience dans les décombres, un vieil antiquaire, mourant, le supplie de sauver une peinture des flammes : Le chardonneret de Carel Fabritius, un minuscule tableau de maître, un oiseau fascinant, inestimable. Des salons huppés de Manhattan aux bas-fonds mafieux d’Amsterdam ou de Las Vegas, Le chardonneret surveille l’effroyable descente aux enfers de Théo et préside à son étrange destin… À la fois roman d'initiation à la Dickens et thriller éminemment moderne, fouillant les angoisses, les peurs et les vices de l'Amérique contemporaine, Le chardonneret laisse le lecteur essoufflé, ébloui et encore une fois conquis par le talent hors du commun de Dona Tartt.

« Tragique et comique, cruel et tendre, intime et démesuré, Le chardonneret fait partie de ces rares romans qui obligent à annuler toute obligation sociale. » Thomas Mahler – Le Point

 Prix Pulitzer 2014 Américaine, 2013, Pocket 16041, 1090 p.

Tartt

Herman Raucher - Un été 42

Un roman à la grâce intemporelle

Hermie, Oscy, Benjie : 3 amis, une énergie infinie et une ignorance crasse des choses de la vie. Mais du haut de leurs 15 ans, ils ont bien l’intention de devenir des hommes. Dans leur quête aussi ambitieuse que maladroite, ils partagent l’intuition que tout se joue dans les bras des filles, sont persuadés que leur amitié les tirera à chaque fois d’un mauvais pas, et suivent les commandements d’un manuel d’anatomie dévoilant les “12 étapes de la sexualité”. Et puis, il y a “la femme”. Dorothy. Une déesse de 22 ans, merveille des merveilles, aux jambes longues et lisses, aux lèvres humides et entrouvertes sur 32 petites dragées scintillantes, aux cheveux de soie pure, aux longs cils de velours voilant délicatement des iris couleur émeraude. Poser le regard sur elle fait monter les larmes aux yeux de Hermie. Pourquoi pleure-t-on en contemplant la beauté ? Quelle émotion profondément enfouie le spectacle de la splendeur met-il à jour ? Tandis que, de l’autre côté de l’océan, des hommes à peine plus âgés qu’eux sont emportés dans le fracas des armes, nos adolescents insouciants s’essaient à la tendre guerre. Herman Raucher tisse avec humour et élégance un roman plus profond qu’il n’en a l’air, parce que l’amour est souvent, aussi, l’histoire d’une perte. On pourrait appeler ça la fin de l’innocence. On pourrait aussi résumer la grâce d’Un été 42 à un verbe, beau et tragique à la fois : grandir.

 Classique Américain, 1970, Folio 6157, 340 p.

Raucher

Laurent Binet - HHhH

A Prague, en 1942, deux hommes doivent en tuer un troisième. C’est l’opération « Anthropoïde » : deux parachutistes tchécoslovaques envoyés par Londres sont chargés d’assassiner Reinhard Heydrich, chef de la Gestapo, chef des services secrets nazis, planificateur de la « solution finale », « le bourreau », « la bête blonde », « l’homme le plus dangereux du IIIe Reich ». Heydrich était le chef d’Eichmann et le bras droit d’Himmler, mais chez les SS, on disait : « HHhH ». Himmlers Hirn heiβt Heydrich : le cerveau d’Himmler s’appelle Heydrich. Tous les personnages de ce livre ont existé ou existent encore. Tous les faits relatés ont été vérifiés. Mais derrière les préparatifs de l’attentat, une autre guerre se fait jour, celle que livre la fiction romanesque à la vérité historique. L’auteur, emporté par son sujet, doit résister à la tentation de romancer. Il faut bien, pourtant, mener l’histoire à son terme.

« Un écrivain qui accomplit la prouesse d’à la fois narrer l’Histoire authentique, tout en insérant sa vision du monde […]. On trouve de tout dans HHhH : on y cite Tarantino, Chaplin, Bogart, les films de Fritz Lang et de Douglas Sirk. » Philippe Labro – Le Figaro

 Prix Goncourt du premier roman 2010 Français, 2010, Poche 32178, 435 p.

Binet

Svetlana Alexievitch - La supplication

Tchernobyl, chronique du monde après l'apocalypse

« Des bribes de conversations me reviennent en mémoire... Quelqu'un m'exhorte : - Vous ne devez pas oublier que ce n'est plus votre mari, l'homme aimé qui se trouve devant vous, mais un objet radioactif avec un fort coefficient de contamination. Vous n'êtes pas suicidaire. Prenez-vous en main ! » Tchernobyl. Ce mot évoque dorénavant une catastrophe écologique majeure. Mais que savons-nous du drame humain, quotidien, qui a suivi l'explosion de la centrale ? Svetlana Alexievitch nous fait entrevoir un monde bouleversant,  celui des survivants, à qui elle cède la parole. Des témoignages qui nous font découvrir un univers terrifiant. L'événement prend alors une tout autre dimension. Pour la première fois, écoutons les voix suppliciées de Tchernobyl. Tchernobyl comme vous n'en avez encore jamais entendu parler. 12 ans ont passé depuis l'incendie de la centrale, mais on sait peu de choses sur la manière dont survivent les êtres impliqués dans la catastrophe. Pendant 3 ans, Svetlana Alexievitch, journaliste biélorusse, a rencontré les travailleurs de la centrale - fonctionnaires du parti, médecins, soldats, liquidateurs chargés de tuer chiens et chats contaminés - pour qu'ils racontent comment s'organise le monde après Tchernobyl.

  Prix Nobel 2015 Biélorusse, 1997, J'ai lu 5408, 250 p.

Alexievitch

László Krasznahorkai - La mélancolie de la résistance

Quel danger plane sur cette petite ville du sud-est de la Hongrie ? Quelle est la nature du malaise qui l'agite, et quelles sont les raisons de la révolte qui gronde ? Nous suivons Mme Pflaum, une des habitantes de la ville, et nous la voyons se débattre avec une menace jamais nommée. Ni son intérieur petit-bourgeois, ni les opérettes retransmises à la télévision ne peuvent la protéger du désordre ambiant. Son ennemie, Mme Eszter, l'appelle à l'aide pour mener campagne contre la destruction, mais la venue d'un cirque et l'exhibition d'une immense baleine sèment le trouble dans la communauté, puis précipitent la ville dans une explosion de violence. À partir d'un magistral chapitre d'exposition décrivant le voyage en train de Mme Pflaum, La mélancolie de la résistance avance crescendo, telle une plongée hypnotique, dans un monde fascinant et crépusculaire. Les univers de Kafka, de Beckett ou même de Thomas Bernhard ne sont pas loin dans cette œuvre où l'auteur place au centre la question de la condition humaine dans nos sociétés post-nietzschéennes.

 Man Booker Prize 2015 Hongrois, 1989, Folio 6152, 430 p.

Krasznahorkai

Nathacha Appana - En attendant demain

« Adam est debout, le visage collé à la petite fenêtre, les deux mains accrochées aux barreaux. Tout à l'heure, quand il a grimpé sur sa table pour atteindre l'ouverture, il s'est souvenu que les fenêtres en hauteur s'appellent des jours de souffrance. Adam attend l'aube, comme il attend sa sortie depuis 4 ans, 5 mois et 13 jours. Il n'a pas dormi cette nuit, il a pensé à Anita, à Adèle, à toutes ces promesses non tenues, à ces dizaines de petites lâchetés qu'on sème derrière soi... » A Paris, Adam rencontre Anita, originaire de l'île Maurice. Ils s'installent sur le littoral Atlantique avec leur fille Laura et rêvent de vivre de leur art – la peinture, l'écriture. Ils pensent accomplir quelque chose d'unique, se forger un destin. Mais le quotidien, lentement, délite leurs rêves. Pour vivre, Anita renonce à ses velléités d'écrivain et Adam à son désir de peindre. Alors que la routine distend le couple, ils recueillent Adèle, une Mauricienne sans-papiers. Le drame arrive lorsque celle-ci découvre qu'elle sert leur inspiration à son insu. En attendant demain est un roman qui raconte la jeunesse, la flamme puis la banalité, les mensonges et la folie d'un couple.

 Mauricienne, 2015, Folio 6166, 220 p.

Appanah

Alessandro Baricco - Mr Gwyn

Romancier britannique dans la fleur de l'âge, Jasper Gwyn a à son actif 3 romans qui lui ont valu un honnête succès public et critique. Pourtant, il publie dans The Guardian un article dans lequel il dresse la liste des 52 choses qu'il ne fera plus, la dernière étant : écrire un roman. Son agent, Tom Bruce Shepperd, prend cette déclaration pour une provocation, mais, lorsqu'il appelle l'écrivain, il comprend que ça n'en est pas une : Gwyn est tout à fait déterminé. Simplement, il ne sait pas ce qu'il va faire ensuite. Au terme d'une année sabbatique, il a trouvé : il veut réaliser des portraits, à la façon d'un peintre, mais des portraits écrits qui ne soient pas de banales descriptions. Dans ce but, il cherche un atelier, soigne la lumière, l'ambiance sonore et le décor, puis il se met en quête de modèles. C'est le début d'une expérience hors norme qui mettra l'écrivain repenti à rude épreuve. Qu'est-ce qu'un artiste ? s'interroge Alessandro Baricco, dans ce roman intrigant, brillant et formidablement élégant. Pour répondre à cette question, il nous invite à suivre le parcours de son Mr Gwyn, mi-jeu sophistiqué mi-aventure cocasse. Et, s'il nous livre la clé du mystère Gwyn, l'issue sera naturellement inattendue.

 Italien, 2011, Folio 5960, 205 p.

Baricco

Daphné Du Maurier - Rebecca

« J’ai rêvé l’autre nuit que je retournais à Manderley » : ainsi débute le plus célèbre roman de Daphné du Maurier, qu’Alfred Hitchcock adapta en 1940 et qui n’a rien perdu de son charme vénéneux. Dans une somptueuse propriété de la côte anglaise, que hante le souvenir d’une première épouse disparue, une jeune mariée intimidée, un veuf taciturne, une gouvernante vêtue de noir s’observent dans un huis clos étouffant… La nouvelle jeune épouse de Maxim de Winter pourra-t-elle échapper à cette ombre, à son souvenir ? Entre conte gothique et suspense psychologique, Rebecca entremêle les passions et les haines, les silences et les menaces, avec en bruit de fond le ressac de la mer sur les galets de la crique… Le chef-d’œuvre de Daphné du Maurier a fasciné plus de 30 millions de lecteurs à travers le monde. Il fait aujourd’hui l’objet d’une traduction inédite qui a su restituer toute la puissance d'évocation du texte originel et en révéler la noirceur.

« Rebecca est un de ces romans qui hantent un esprit toute une vie. » Olivia Mauriac – Figaro Madame

 Classique Anglaise, 1938, Poche 34134 (nouvelle traduction), 630 p.

Du maurier

Shafique Keshavjee - La reine, le moine et le glouton

Quand le malheur s’abat sur la famille royale d’un pays lointain, si paisible jusque-là, croyances et convictions s’effondrent. Afin de faire surgir la Vérité, le roi organise un « Grand débat des convictions », réunissant un professeur de philosophie, un scientifique athée, une enseignante de sagesse orientale et une mathématicienne croyante. Et si dormait en chacun de nous un athée, un agnostique et un croyant ? Shafique Keshavjee a été pasteur et professeur de théologie. Il est l’un des animateurs de l’Arzillier, à Lausanne, un lieu dédié au dialogue entre les religions. Il s’est fait connaître internationalement en 1998 avec Le roi, le sage et le bouffon.

« Servi par une plume magnifique, ce roman philosophique initie à la spiritualité. » Femina

 Suisse, 2014, Points 4130, 360 p.

Keshavjee

Karine Lambert - L’immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes

Cinq femmes d’âges et d’univers différents cohabitent dans un immeuble parisien. Elles ne veulent plus entendre parler d’amour et ont inventé une autre manière de vivre. L’arrivée d’une nouvelle locataire va bousculer leur équilibre. Juliette est séduite par l’atmosphère chaleureuse de cette ruche, à un détail près : l’entrée est interdite aux hommes. Va-t-elle faire vaciller les certitudes de ses voisines ou renoncer, elle aussi ? Ce roman vif et tendre oscille entre humour et gravité pour nous parler de la difficulté d’aimer, des choix existentiels, des fêlures des êtres humains et de leur soif de bonheur. On s’y sent bien.

« Un roman féminin en diable et joliment désenchanté qui permet de comprendre les filles d’aujourd’hui… un peu. » Figaro Madame

 Prix Saga Café 2014 Belge, 2014, Poche 33784, 205 p.

Lambert k

Patrick Deville - Peste & choléra

Jeune chercheur de la « bande à Pasteur », Alexandre Yersin rêve de nouveaux horizons. À l’image de Livingstone, il veut être savant et explorateur. De la rue d’Ulm à l’Indochine, il découvre le monde en même temps que le bacille de la peste, loin du brouhaha des guerres. Marin, médecin, baroudeur, cet oublié de l’histoire aura fait de sa vie une folle aventure scientifique et humaine.  Pour la raconter, Patrick Deville a suivi les traces de Yersin autour du monde, et s’est nourri des correspondances et documents déposés aux archives des Instituts Pasteur.

« Peste & choléra est un roman dépaysant à la Stevenson, et mystérieux comme un Jules Verne. » Le Point

 Prix Femina 2012 Français, 2012, Points 3120, 250 p.

Deville

Eva Baronsky - Monsieur Mozart se réveille

Il se souvient de tout : il s'appelle Wolfgang Mozart et, hier encore, il était étendu sur son lit de mort. À son réveil, il ne trouve aucune explication à ce monde différent, étrange, où la lumière ne provient pas de bougies, où la musique n’émane pas d'un orchestre, où les carrosses se déplacent sans chevaux... Est-il aux portes de l'Enfer ou dans l'antichambre du Ciel ? Toute cette absurdité ne peut avoir qu'une seule raison : il a la mission divine de terminer l'œuvre de sa vie, son Requiem. Le voici donc, anachronisme vivant qui déambule dans la Vienne survoltée du début du XXIe siècle, avec la musique pour seule boussole. Tant de nouveaux compositeurs, tant de sonorités inédites ! Plus le temps passe, plus il se demande ce qu'il adviendra de lui une fois son chef-d’œuvre terminé... Un roman drôle et inattendu qui catapulte Mozart dans la cacophonie moderne.

 Allemande, 2009, Poche 34106, 410 p.

Baronsky

Harry Harrison - Soleil vert

Tandis que l'humanité s'apprête à entrer dans le 3e millénaire, la surpopulation est devenue telle que les ressources naturelles ne suffisent plus à couvrir ses besoins. La nourriture et l'eau sont rationnées, il n'y a plus de pétrole, plus guère d'animaux. 35 millions de New-Yorkais, pour la plupart sans emploi ni logement, se battent pour survivre. Andy Rush a un travail, lui. Tous les jours, avec les autres policiers de sa brigade, il part disperser les émeutes de la faim qui se produisent lors de chaque nouvelle distribution de nourriture de synthèse. Rusch recherche également l'auteur du meurtre d’un des gros bonnets du marché noir. Mais pourquoi poursuivre un criminel quand on sait que la victime méritait mille fois la mort ? Comment faire respecter la "loi et l'ordre" quand on est soi-même talonné par la solitude, l'angoisse et le désespoir ? Au cours d'une enquête mouvementée, alors que la ville est infestée par les Prophètes du Malheur, Andrew Rusch va découvrir sur quoi se fonde la puissance des Maîtres du Futur.

Né dans le Connecticut en 1925 et mort au Royaume-Uni en 1992, Harry Harrison serait resté injustement méconnu en France sans le célèbre film de Richard Fleischer, tiré du présent roman. En se projetant dans un futur dystopique pas si éloigné de notre présent, Soleil vert reste d'une troublante actualité. Un grand voyage au cœur d'un avenir possible. Peut-être inévitable...

 Classique Américain, 1966, J'ai lu 11459, 340 p.

Harrison

Shani Boianjiu - Nous faisions semblant d’être quelqu’un d’autre

Camarades de classe depuis l’école primaire, Yaël, Avishag et Léa sont de jeunes Israéliennes fantasques qui se réfugient souvent dans leurs mondes imaginaires pour tenter d’oublier qu’elles s’ennuient à mourir dans le village isolé où elles habitent. Une adolescence ordinaire, mais dans un lieu et à une époque qui sont loin de l’être. A la fin de leurs études secondaires, elles sont incorporées dans l’armée et effectuent pendant 2 ans leur service militaire. Sarcastique et autoritaire, Léa se retrouve postée à un check point en Cisjordanie, tandis que la sombre Avishag sert dans une unité de combat chargée de surveiller la frontière égyptienne et que Yaël entraîne les soldats au maniement des armes. Leur insouciance, leur soif de vivre, leurs corps désirants contrastent de façon saisissante avec le monde confiné, monotone, répétitif et brutal de l’armée où elles sont confrontées à toute la violence d’un pays en guerre et en état d’alerte permanent. Léa, Avishag et Yaël racontent avec désinvolture et détachement les expériences parfois épouvantables qu’elles traversent et se distraient en s’adonnant à des jeux puérils mais dangereux ou en créant des mondes oniriques qui virent parfois au cauchemar. Et, lors de leur retour à la vie civile, on comprend l’impact délétère que cette parenthèse a eu sur leur vie d’adulte : dépressives, inadaptées ou sans perspective d’avenir dans leur travail, elles se retrouvent à vendre des sandwichs ou à faire le vigile dans un aéroport, quand elles n’infligent pas des sévices à des hommes qu’elles séquestrent… Portrait implacable d’une génération perturbée par cet univers troublé où la violence et la peur sont omniprésentes, ce roman initiatique met en lumière toute la difficulté d’être jeune et de forger son identité en Israël. Un premier roman iconoclaste et totalement original.

 Israélienne, 2012, 10/18 5050, 350 p.

 

Boianjiu

Olivier Truc - Le dernier Lapon

Kautokeino, Laponie centrale, 10 janvier. Nuit polaire, froid glacial. Demain le soleil, disparu depuis 40 jours, va renaître. Demain entre 11h14 et 11h41, Klemet va redevenir un homme, avec une ombre. Demain le centre culturel va exposer un tambour de chaman légué par un compagnon de Paul-Émile Victor. Mais dans la nuit, le tambour est volé. Les soupçons iront des fondamentalistes protestants aux indépendantistes sami. La mort d'un éleveur de rennes n'arrange rien à l'affaire. La Laponie, si tranquille en apparence, va se révéler terre de conflits, de colères et de mystères. Klemet, le Lapon, et sa jeune coéquipière Nina, enquêteurs de la police des rennes, se lancent dans une enquête déroutante. Mais à Kautokeino, on n'aime guère les vagues. Ils sont renvoyés à leurs patrouilles en motoneige à travers la toundra, et à la pacification des éternelles querelles entre éleveurs de rennes. Les mystères du 72e tambour vont les rattraper. Pourquoi en 1939 l'un des guides sami a-t-il confié à l'expédition française ce tambour, de quel message était-il porteur ? Que racontent les joïks traditionnels que chante le vieil oncle de Klemet ? Que vient faire en ville ce Français qui aime trop les très jeunes filles et qui a l'air de si bien connaître la géologie de la région ? À qui s'adressent les prières de la pieuse Berit ? Que cache la beauté sauvage d'AsIak qui vit en marge du monde moderne avec sa femme à moitié folle ? Dans un paysage incroyable, des personnages attachants et forts nous plongent aux limites de l'hypermodernité et de la tradition d'un peuple luttant pour sa survie culturelle. Un thriller magnifique et prenant, écrit par un auteur au style direct et vigoureux, qui connaît bien la région dont il parle.

Olivier Truc est journaliste depuis 1986, il vit à Stockholm depuis 1994 où il est le correspondant du Monde et du Point.

 Français, 2012, Points 3103, 565 p.

Truc

Rosa Montero - L'idée ridicule de ne plus jamais te revoir

Quand Rosa découvre le journal de Marie Curie, commencé à la mort de Pierre son époux, les mots font écho à son propre deuil. Au-delà des époques, les deux femmes vivent la même douleur inextricable face à la perte inconcevable. Leurs voix se mêlent pour raconter la reconstruction. Car la vie est si puissante que dès les premiers moments de la peine elle vous permet de savourer des instants de joie.

Rosa Montero est née à Madrid où elle vit. Elle est l’auteur de plusieurs romans traduits dans de nombreuses langues.

« Un livre hautement radioactif qui brûle d'une passion solaire et d'une admiration éperdue. » Le Nouvel Observateur

« Rosa Montero aime le risque (...) et elle risque tout pour que nous nous remettions à croire aux relations entre le langage et la réalité, au pouvoir des mots. » Enrique Vila-Matas

 Espagnole, 2013, Points 4356, 200 p.

Montero

Kazuo Ishiguro - Le géant enfoui

Angleterre, haut Moyen Âge. Dans un pays en proie à toutes sortes de superstitions vivent Axl et Beatrice. Leur amour a résisté aux années, mais leurs souvenirs sont aussi brumeux que les montagnes et les vallées qui les entourent. Ils décident de faire un voyage pour rejoindre leur fils qu’ils n’ont pas vu depuis des années. De nombreux obstacles se dressent sur leur chemin, parfois étranges, parfois terrifiants et mettent leur amour à l’épreuve. Leur parcours est une métaphore de nos vies à tous. Sommes-nous les otages impuissants de notre mémoire ?

Dix ans après Auprès de moi toujours, Kazuo Ishiguro revisite, dans Le géant enfoui, les thèmes shakespeariens qui traversent son œuvre : la mémoire et l’oubli, la confiance et la haine, la vengeance et la justice. L’histoire d’Axl et Beatrice, une allégorie du monde moderne, est d’ores et déjà un monument de la littérature.

 Anglais, 2015, Folio 6118, 450 p.

Ishiguro

Francesca Melandri - Plus haut que la mer

1979. Paolo et Luisa prennent le même bateau, chacun de son côté, pour se rendre sur l’Île. Mais ce n’est pas un voyage d’agrément, car c’est là que se trouve la prison de haute sécurité où sont incarcérés le fils de Paolo et le mari de Luisa. Ce dernier est un homme violent qui, après un meurtre commis sous le coup de la colère, a également tué un surveillant en prison, tandis que le premier a été reconnu coupable de plusieurs homicides politiques sur fond de révolution prolétarienne. L’homme et la femme ne se connaissent pas, Paolo est professeur de philosophie, mais il n’enseigne plus ; Luisa, elle, est agricultrice et élève seule ses 5 enfants. À l’issue du voyage et de la brève visite qu’ils font au parloir de la prison, ils ne peuvent repartir comme ils le devraient, car le mistral souffle trop fort. Ils passent donc la nuit sur l’Île, surveillés par un agent, Pierfrancesco Nitti, avec qui une étrange complicité va naître. Pour ces trois êtres malmenés par la vie, cette nuit constitue une révélation et, peut-être aussi, un nouveau départ.

Francesca Melandri livre un roman incisif et militant, une superbe histoire d’amour et d’idées qui est aussi une subtile réflexion sur le langage, celui de la politique et celui du monde dans lequel nous vivons.

 Italienne, 2012, Folio 6103, 210 p.

Melandri

Pierre Assouline - Sigmaringen

En septembre 1944, un petit coin d'Allemagne nommé Sigmaringen, épargné jusque-là par les horreurs de la guerre, voit débarquer, du jour au lendemain, la part la plus sombre de la France : le gouvernement de Vichy, avec en tête le maréchal Pétain et le président Laval, leurs ministres, une troupe de miliciens et 2.000 civils français qui ont suivi le mouvement, parmi lesquels un certain Céline. Pour les accueillir Hitler, a mis à leur disposition le château des princes de Hohenzollern, maîtres des lieux depuis des siècles. Tout repose désormais sur Julius Stein, le majordome général de l'illustre lignée. Depuis les coulisses où il œuvre sans un bruit, sans un geste déplacé, il écoute, voit, sait tout. Tandis que les Alliés se rapprochent inexorablement du Danube et que l'étau se resserre, Sigmaringen s'organise en petite France. Coups d'éclat, trahisons, rumeurs d'espionnage, jalousies, l'exil n'a pas éteint les passions. Certains rêvent de légitimité, d'autres d'effacer un passé trouble, ou d'assouvir encore leurs ambitions. Mais Sigmaringen n'est qu'une illusion. La chute du IIIe Reich est imminente et 8 mois après leur arrivée tous ces Français vont devoir fuir pour sauver leur peau. De ce théâtre d'ombres rien n'échappe à Julius Stein. Sa discrète liaison amoureuse avec Jeanne Wolfermann, l'intendante du maréchal, le conduira à sortir de sa réserve et à prendre parti.

 Français, 2014, Folio 6007, 340 p.

Assouline

W. R. Burnett - Terreur apache

1886. Arizona. Un chef apache, Toriano, s'enfuit de la Réserve et sème la terreur chez les colons. Les tactiques des Apaches rendent impossible de les combattre sans l'aide d'éclaireurs. Walter Grein, dont la ténacité est légendaire, est le meilleur d'entre eux. Accompagné de sa troupe d'anciens soldats et d'Indiens, il devra capturer Toriano avant qu'il ne mette le pays à feu et à sang. Mais les Apaches sont des guerriers hors pair aux ressources insoupçonnées. Commence alors une poursuite haletante à travers les bassins désertiques du sud de l’Arizona, traitée au scalpel, truffée de détails fascinants, historiquement justes, jamais politiquement corrects. Et Burnett n'a pas son pareil pour saisir la beauté des canyons, l'angoisse qui sourd de ces paysages rocailleux, la mélancolie des villages en pisé. Transposé à l'écran (Le sorcier du Rio Grande) et source d'inspiration du chef-d’œuvre de Robert Aldrich (Fureur apache), ce dernier combat contre les Apaches s'appuie sur des faits historiques. Mais surtout, ici tout est vrai, tout est humain, chaque personnage bouleversant dans son courage, ses faiblesses et ses contradictions. Un "western" qui honore le genre, au style impeccable. Un roman peu politiquement correct qui donne à voir ce que les films n’osent pas souvent montrer.

 Classique Américain, 1953, Babel 1325, 295 p.

Burnett
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