Joël Dicker - La vérité sur l’affaire Harry Quebert

À New York, au printemps 2008, lorsque l'Amérique bruisse des prémices de l'élection présidentielle, Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente : il est incapable d'écrire le nouveau roman qu'il doit remettre à son éditeur d'ici quelques mois. Le délai est près d'expirer quand soudain tout bascule pour lui : son ami et ancien professeur d'université, Harry Quebert, l'un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d’avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison. Convaincu de l'innocence de Harry, Marcus abandonne tout pour se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. Il est rapidement dépassé par les événements : l'enquête s'enlise et il fait l'objet de menaces. Pour innocenter Harry et sauver sa carrière d'écrivain, il doit absolument répondre à 3 questions : Qui a tué Nola Kellergan ? Que s'est-il passé dans le New Hampshire à l'été 1975 ? Et comment écrit-on un roman à succès ?

Sous ses airs de thriller à l'américaine, La vérité sur l'affaire Harry Quebert est une réflexion sur l'Amérique, sur les travers de la société moderne, sur la littérature, sur la justice et sur les médias.

Grand Prix du roman de l'Académie française 2012

 Suisse, 2012, De Fallois poche, 850 p.

Dicker

Margot L. Stedman - Une vie entre deux océans

Après avoir connu les horreurs de la Grande Guerre, Tom Sherbourne revient en Australie. Aspirant à la tranquillité, il accepte un poste de gardien de phare sur l'île de Janus, un bout de terre sauvage et reculé. Là, il coule des jours heureux avec sa femme, Isabel. Un bonheur peu à peu contrarié par leurs échecs répétés pour avoir un enfant. Jusqu'à ce jour où un canot vient s'échouer sur le rivage. À son bord, le cadavre d'un homme, ainsi qu'un bébé, sain et sauf. Pour connaître enfin la joie d'être parents, Isabel demande à Tom d'ignorer les règles, de ne pas signaler « l'incident ». Une décision aux conséquences dévastatrices...

« Traduit dans le monde entier, cet extraordinaire roman porté par une intense tension dramatique expose un cas de conscience boule-versant. » Claire Julliard, Le Nouvel Observateur.

 Australienne, 2012, Poche 33506, 520 p.

Stedman

Jaume Cabré - Sa Seigneurie

Barcelone, novembre 1799. Une cantatrice française est retrouvée morte et atrocement mutilée dans sa chambre d’hôtel peu après sa performance devant l’aristocratie bourbonienne locale. Un coupable est très vite fabriqué pour masquer les méfaits du régent de la ville, don Rafel Masso. “Sa Seigneurie” peut de nouveau respirer à son aise et se consacrer à son passe-temps préféré : épier avec son télescope une belle baronne qui se languit en tenue légère. Ce plaisir pourrait bien être de courte durée… Car tout finit par se payer, surtout en cette fin de siècle où le petit peuple n’entend plus se laisser faire.

Jaume Cabré brosse dans ce roman délicieusement caustique le portrait d’une société corrompue au bord de l’implosion.

 Espagnol, 1991, Babel 1443, 435 p.

Cabre

Delphine Coulin - Samba pour la France

Samba est Malien. Dix années après son arrivée clandestine en France, il espère obtenir sa nouvelle nationalité. Mais le chemin parcouru n'était rien face aux obstacles administratifs qu'il s'apprête à rencontrer. La France, tant désirée, est véritablement le pays qui coule dans les veines de Samba. La déception et la désillusion doivent-elles prendre le dessus sur l'espoir et le rêve ? Cours, Samba, cours ! Ainsi parlait l’oncle Lamouna au village quand ils jouaient au cerf-volant. Samba n’est plus au Mali, il est à Paris. Il aime la France, il s’est battu pour y entrer et a travaillé dur. La France ne veut plus de lui : sans carte de séjour, il ne peut pas rester. Cours, Samba, pour échapper aux policiers, à la misère, à l’amertume… Si tu veux survivre, cours, Samba !

  Française, 2011, Points 2768, 280 p.

Coulin

Durian Sukegawa - Les délices de Tokyo

« Écouter la voix des haricots » : tel est le secret de Tokue, une vieille dame aux doigts mystérieusement déformés, pour réussir le an, la pâte de haricots rouges qui accompagne les dorayaki, des pâtisseries japonaises. Sentarô, qui a accepté d'embaucher Tokue dans son échoppe, voit sa clientèle doubler du jour au lendemain, conquise par ses talents de pâtissière. Mais la vieille dame cache un secret moins avouable et disparaît comme elle était apparue, laissant Sentarô interpréter à sa façon la leçon qu'elle lui a fait partager.

Magnifiquement adapté à l'écran par la cinéaste Naomi Kawase, primée à Cannes, le roman de Durian Sukegawa est une ode à la cuisine et à la vie. Poignant, poétique, sensuel : un régal.

 « Une superbe déclaration d’amour aux sens. » Elle

 Japonais, 2013, Poche 34537, 215 p.

Sukegawa

Elena Ferrante - L'amie prodigieuse

Elena et Lila vivent dans un quartier pauvre de Naples à la fin des années 50. Bien qu'elles soient douées pour les études, ce n'est pas la voie qui leur est promise. Lila abandonne l'école pour travailler dans l'échoppe de cordonnier de son père. Elena, soutenue par son institutrice, ira au collège puis au lycée. Les chemins des deux amies se croisent et s'éloignent, avec pour toile de fond une Naples sombre, en ébullition.

Formidable voyage dans l'Italie du boom économique, L'amie prodigieuse est le portrait de deux héroïnes inoubliables qu'Elena Ferrante traque avec passion et tendresse.

« Je ne suis pas nostalgique de notre enfance : elle était pleine de violence. C’était la vie, un point c’est tout : et nous grandissions avec l'obligation de la rendre difficile aux autres avant que les autres ne nous la rendent difficile. » Elena Ferrante

Mais qui se cache derrière le nom de plume Elena Ferrante ?

 Italienne, 2011, folio 6052, 420 p.

Ferrante

Wiesław Myśliwski - L'art d'écosser les haricots

Le vieux gardien d’un village de vacances reçoit un jour la visite d’un inconnu qui souhaite lui acheter des haricots. Pendant qu’ils les écossent ensemble, le maître des lieux lui parle de sa vie. Simple ouvrier croupissant dans la grisaille de la campagne polonaise, son destin va être bouleversé lorsqu’il découvre, grâce à la musique, qu’un ailleurs existe. Au fil d’un récit lui-même porté par une grande musicalité, le vieil homme révèle les événements et les personnes qui, au cours du XXe siècle, l’ont façonné. Malgré les tragédies et les impasses historiques dont il fut le témoin, notre héros a su atteindre à une délicate lucidité face au monde.

Lauréat du prix littéraire polonais le plus prestigieux (le prix Nike), ce drôle de roman philosophique alternant humour, émotion et profondeur s'empare du lecteur dès la première ligne.

 Polonais, 2006, Babel 1419, 505 p.

My liwski

Maureen Gibbon - Rouge Paris

Paris, 1862. Victorine est brunisseuse dans un atelier d’argenterie. Elle y travaille avec son amie Denise. Inséparables, les deux jeunes filles ont l’habitude de se promener, de dessiner avant de regagner leur chambre misérable, sous les combles. Un jeune trentenaire les observe avec intérêt. Il les invite au restaurant, entreprend de les séduire. Incapable de le partager longtemps, Victorine décide de tout quitter pour rejoindre ce garçon dans son atelier de la plaine Monceau. Très vite, elle trouve sa place auprès de lui, devenant son amante, son modèle, sa conseillère avisée.

Combinant habilement faits réels et inventés, Maureen Gibbon nous fait pénétrer dans l’atelier d’Édouard Manet et nous dévoile les secrets de la création d’Olympia, du Déjeuner sur l’herbe et l’existence de la véritable Victorine Meurent.

« Avec sa plume enlevée et une solide documentation sur l’époque qu’elle fait revivre, Maureen Gibbon enchaîne le lecteur. » Livres Hebdo.

 Américaine, 2015, Poche 34519, 275 p.

Gibbon

Irving Finkel - Au paradis des manuscrits refusés

Sanctuaire ovni niché dans la campagne anglaise, dirigée par d’excentriques érudits, La Bibliothèque des Refusés accueille TOUS les manuscrits retoqués par les éditeurs. Mais entre l’agaçante nouvelle bibliothécaire, une actrice grimée en étudiante fouinant des idées de films, des cambrioleurs un peu gogos et le défilé des aspirants écrivains, la mission n’est pas de tout repos !

Loufoque, profondément léger et délicieusement british : cette comédie originale est une insolente déclaration d’amour (et d’humour) à la littérature – en tout genre. Une merveille.

« Drôle et décalé, un hommage aux oubliés de la littérature. » Sud-Ouest

 Anglais, 2007, 10/18 5210, 275 p.

Finkel

Jessie Burton - Miniaturiste

Nella Oortman n’a que 18 ans ce jour d’automne 1686 où elle quitte son petit village pour rejoindre à Amsterdam son mari, Johannes Brandt. Homme d’âge mûr, il est l’un des marchands les plus en vue de la ville. Il vit dans une opulente demeure au bord du canal, entouré de ses serviteurs et de sa sœur, Marin, une femme restée célibataire qui accueille Nella avec une extrême froideur. En guise de cadeau de mariage, Johannes offre à son épouse une maison de poupée, représentant leur propre intérieur, que la jeune fille entreprend d’animer grâce aux talents d’un miniaturiste. Les fascinantes créations de l’artisan permettent à Nella de lever peu à peu le voile sur les mystères de la maison des Brandt, faisant tomber les masques de ceux qui l’habitent et mettant au jour de dangereux secrets.

S’inspirant d'une maison de poupée d’époque exposée au Rijksmuseum d’Amsterdam, Jessie Burton livre ici un premier roman qui restitue avec précision l’ambiance de la ville à la fin du XVIIe siècle. Au sein de ce monde hostile, où le pouvoir des guildes le dispute à l'intransigeance religieuse et à la rigueur morale, la jeune Nella apparaît comme une figure féminine résolument moderne. Œuvre richement documentée et conte fantastique, Miniaturiste est un récit haletant et puissant sur la force du destin et la capacité de chacun à déterminer sa propre existence.

 Anglaise, 2014, folio 6273, 495 p.

Burton

Mia Couto - L'accordeur de silences

« La première fois que j’ai vu une femme j’avais onze ans et je me suis trouvé soudainement si désarmé que j’ai fondu en larmes. Je vivais dans un désert habité uniquement par cinq hommes. Mon père avait donné un nom à ce coin perdu : Jésusalem. C’était cette terre-là où Jésus devrait se décrucifier. Et point, final.

Mon vieux, Silvestre Vitalício, nous avait expliqué que c’en était fini du monde et que nous étions les derniers survivants. Après l’horizon ne figuraient plus que des territoires sans vie qu’il appelait vaguement “l’Autre-Côté”. »

Dans la réserve de chasse isolée, au cœur d’un Mozambique dévasté par les guerres, le monde de Mwanito, l’accordeur de silences, né pour se taire, va voler en éclats avec l’arrivée d’une femme inconnue qui mettra Silvestre, le maître de ce monde désolé, en face de sa culpabilité.

Mia Couto, admirateur du Brésilien Guimarães Rosa, tire de la langue du Mozambique, belle, tragique, drôle, énigmatique, tout son pouvoir de création d’un univers littéraire plein d’invention, de poésie et d’ironie.

 Mozambicain, 2009, Métailié suites, 225 p.

Couto

Anita Terpstra - La loi du silence

Alma Meester, son mari Linc et leurs enfants Iris et Sander semblent être une famille heureuse. Tout bascule lorsque Sander, âgé de 11 ans, disparaît avec un petit camarade lors d’une colonie de vacances. Le corps de ce dernier est retrouvé, mais Sander, lui, semble s’être évaporé dans la nature. Cinq ans plus tard, un jeune homme se signale à un poste de police en Allemagne. Il affirme être Sander, le garçon disparu des années plus tôt. Fous de joie, Alma et Linc peuvent à nouveau serrer leur fils dans leurs bras. Pourtant les retrouvailles sont loin d’être parfaites, et la famille commence à douter. Sander est-il vraiment celui qu’il prétend être ? Lui qui a toujours été un garçon étrange, au comportement parfois malsain, n’est plus tout à fait le même... Pour le savoir, ils devront se replonger dans un passé qu’ils préféreraient oublier. Qu’est-il réellement arrivé pendant la colonie de vacances ?

 Néerlandaise, 2014, Poche 34552, 400 p.

Terpstra

Eric Vuillard- Tristesse de la terre

Une histoire de Buffalo Bill Cody

“Le spectacle est l’origine du monde.” Créé en 1883, le Wild West Show de Buffalo Bill proposait d’assister en direct aux derniers instants de la conquête de l’Ouest : au milieu de cavaliers, de fusillades et d’attaques de diligence, des Indiens rescapés des massacres y jouaient le récit de leurs propres malheurs. L’illusion était parfaite. Par la force de la répétition et le charme de la féerie, le Wild West Show imposa au monde sa version falsifiée de l’Histoire américaine.

D’une écriture acérée et inventive, Éric Vuillard ressuscite les person-nages de ce drame et livre une autre version de la fable, dans les replis de sa naissance. Avec les armes de la littérature, Tristesse de la terre noue ensemble les fils de deux histoires, celle des derniers massacres d’Indiens et celle de leur mise en scène par le grand spectacle, en une évocation saisissante.

 Français, 2014, Babel 1402, 150 p.

Vuillard

Camilla Läckberg - La faiseuse d'anges

Pâques 1974. Sur l’île de Valö, aux abords de Fjällbacka, une famille disparaît sans laisser de trace. La table est soigneusement dressée pour le repas de fête, mais tout le monde s’est volatilisé. Seule la petite Ebba, âgée d’un an, erre, en pleurs, dans la maison abandonnée. L’énigme de cette disparition ne sera jamais résolue.

Trente ans plus tard, Ebba revient sur l’île et s’installe dans la maison familiale avec son mari. Accablés par le deuil et la culpabilité après le décès de leur fils, ils nourrissent l’espoir de pouvoir y reconstruire leur vie. Mais à peine installés, ils sont victimes d’une tentative d’incendie criminel. C’est le début d’une série d’événements troublants qui semblent vouloir leur rappeler qu’on n’enterre pas le passé.

De son côté, Erica s’était depuis longtemps intéressée à l’affaire de la mystérieuse disparition sur l’île. Apprenant le retour de la seule survivante, elle se replonge aussitôt dans le dossier, sans se figurer que ce faisant, elle va mettre en péril l’une des personnes les plus importantes de sa vie.

 Suédoise, 2011, Babel noir 175, 535 p.

 

Lackberg

Pajtim Statovci - Mon chat Yugoslavia

Dans la Yougoslavie des années 1980, en pleine campagne kosovare, une jeune fille est mariée à un garçon qu’elle connaît à peine. Emine fait de son mieux pour être une bonne épouse, mais la vie ne lui apporte qu’une série de déceptions. Elle donne naissance à quatre enfants. Lorsque la guerre éclate, la famille d’Emine décide de fuir et choisit la Finlande comme destination de l’exil. Dans ce pays froid où les étrangers sont supposés accepter avec gratitude la place qu’on leur offre dans la société, leur intégration se passe mal et le quotidien d’Emine se dégrade.

De nos jours, Bekim est étudiant à Helsinki. Il fait beaucoup d’efforts pour s’intégrer à la société finlandaise dans laquelle il a grandi, tout en essayant d’assumer son homosexualité. Un jour, il rencontre un «chat» dans un bar gay, qui va très vite dominer ses nuits et son esprit, avant de se révéler être une nouvelle déception amoureuse. Bekim décide alors de partir en voyage jusqu’à ses racines, au Kosovo, où le cruel destin de sa famille a commencé.

Mon chat Yugoslavia est un roman saisissant, loufoque et inoubliable, écrit par un petit génie de la littérature finlandaise âgé de 24 ans qui nous emporte des contrées kosovares aux rues d’Helsinki avec une voix à nulle autre pareille.

 Finlandais, 2014, folio 6334, 345 p.

Statovci

Kéthévane Davricchewy - L’autre Joseph

Joseph Djougachvili, dit Staline, est né en Géorgie, à Gori, en 1878. Quatre ans plus tard, à deux pas de là, naissait un autre Joseph, Davrichachvili. Enquêtant sur son mystérieux arrière-grand-père et son supposé demi-frère encombrant, Kéthévane Davrichewy ravive la mémoire familiale. Mais prise dans ces destins croisés fabuleux, l’histoire intime prend une dimension vertigineuse…

Avec sobriété, d’une justesse saisissante, l’auteure de La mer noire poursuit le roman passionnant de ses origines, éclairé in fine par une bouleversante lettre au père. Magnifique.

« En peu de pages et peu de mots, Kéthévane Davrichewy nous fait reconsidérer le destin et repenser l’histoire. » Les Échos

 Française, 2016, 10/18 5172, 225 p.

Davricchewy

Paul Lynch - Un ciel rouge, le matin

En 1832, dans l'aube rougeoyante d'Inishowen, au nord-ouest de l'Irlande, Coll Coyle et sa famille sont sur le point d'être expulsés de leur ferme. Ils n'ont aucune idée de ce qui a poussé le fils de leur riche propriétaire à prendre cette décision terrible pour eux. Fou de colère et de désespoir, Coll tue le jeune homme et doit s'enfuir, poursuivi à travers les tourbières du Donegal par Faller, homme de main du père de la victime, qui a juré de se venger, coûte que coûte. Coll parvient pourtant à leur échapper en s'embarquant pour l'Amérique. Pendant que sa femme Sarah, laissée seule avec leurs deux enfants, essaie de comprendre ce qui est arrivé, il est engagé à la construction du chemin de fer de Pennsylvanie. Dans les chantiers dévastés par le choléra, Faller finira par retrouver Coll, scellant leurs destins.

L'écriture de Paul Lynch est incroyablement belle et imagée, son roman puissant, ponctué de scènes intenses, tient le lecteur en haleine de la première à la dernière page.

Un formidable livre, la découverte d’un styliste et conteur qui possède un souffle dramatique rare.

 Irlandais, 2013, Poche 33875, 275 p.

Lynch

Cynthia Bond - Ruby

Ephram Jennings n'a jamais oublié la petite fille aux longues nattes avec qui il jouait, enfant, dans la bourgade de Liberty, à l'est du Texas. Mais Ruby Bell, malgré l'amour de ses grands-parents, a souffert plus qu'on ne saurait l'imaginer. Aussi s'est-elle échappée dès qu'elle a pu vers les lumières du New York des années 1950. Beauté à la peau noire, elle se fait une place au cœur même de la ville, tout en ne cessant d'espérer y retrouver sa mère. Lorsqu'un télégramme de sa cousine la rappelle chez elle, Ruby va de nouveau, des décennies plus tard, être confrontée à l'extrême violence raciale. Ephram décide de tout tenter pour l'arracher à la spirale de malheur qui la guette.

« Un roman d’effroi et de fureur. Magnifique. » Olivia de Lamberterie, Elle.

« Une épopée terrifiante dans le Texas profond des rites sataniques et des enfants martyrs. Envoûtant. » Fabienne Pascaud, Télérama.

 Américaine, 2014, Poche 34478, 440 p.

Bond 1

Jón Kalman Stefánsson - D’ailleurs, les poissons n’ont pas de pieds

Ari regarde le diplôme d’honneur décerné à son grand-père, le célèbre capitaine et armateur Oddur, alors que son avion entame sa descente vers l’aéroport de Keflavík. Son père lui a fait parvenir un colis plein de souvenirs qui le poussent à quitter sa maison d'édition danoise pour rentrer en Islande. Mais s’il ne le sait pas encore, c’est vers sa mémoire qu’Ari se dirige, la mémoire de ses grands-parents et de leur vie de pêcheurs du Norðfjörður, de son enfance à Keflavík, dans cette ville « qui n’existe pas », et vers le souvenir de sa mère décédée.

Jón Kalman Stefánsson entremêle trois époques et trois générations qui condensent un siècle d’histoire islandaise. Lorsqu’Ari atterrit, il foule la terre de ses ancêtres mais aussi de ses propres enfants, une terre que Stefánsson peuple de personnages merveilleux, de figures marquées par le sel marin autant que par la lyre. Ari l’ancien poète bien sûr, mais aussi sa grand-mère Margrét, que certains déclareront démente au moment où d’autres céderont devant ses cheveux dénoués. Et c’est précisément à ce croisement de la folie et de l’érotisme que la plume de Jón Kalman Stefánsson nous saisit, avec simplicité, de toute sa beauté.

 Islandais, 2013, folio 6267, 460 p.

Stefansson

Amy Stewart - La femme à l’insigne

Eté 1915, New Jersey. Constance Kopp est devenue l’une des premières femmes shérifs adjoints du pays. La terreur des voyous et des scélérats, avec arme et menottes… mais toujours sans insigne. L’époque, la loi et l’opinion publique résistent encore à sa nomination. Au point que le shérif se voit contraint de la déchoir provisoirement de ses fonctions. La voilà reléguée gardienne de prison, trépignant dans l’ennui routinier de la cage à poules en attendant que les critiques se tassent. Jusqu’à ce qu’un étrange Allemand, confié à sa garde, ne prenne la poudre d’escampette. Et que Constance ne se lance dans une chasse à l’homme, bien décidée à retrouver son prisonnier enfui et son honneur perdu.

« L’histoire drôle, intelligente et prenante d’une femme hors du commun, combattant aussi bien le crime que les préjugés. » Publishers Weekly

 Américaine, 2016, 10/18 5208, 395 p.

Stewart
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