Hannah Tinti - Les douze balles dans la peau de Samuel Hawley

Après des années de cavale, Samuel Hawley et sa fille Loo posent enfin leurs valises à Olympus, Massachusetts. Criminel repenti, Samuel compte désormais offrir à sa fille une vie normale. Mais les 12 cicatrices sur le corps de son père ne cessent d’attiser la curiosité de Loo pour un passé qu’elle n’a pas connu, notamment la mort étrange de sa mère, peu après sa naissance. À mesure qu’elle dévoile une histoire plus sombre qu’elle ne l’aurait imaginé, tous deux sont rattrapés par les démons de Samuel, et forcés de se lancer dans une dangereuse épopée à travers les États-Unis.

Hisham Matar - La terre qui les sépare

En 1990, Hisham Matar a 19 ans lorsque son père Jaballa, opposant au régime autoritaire libyen, est enlevé par les services secrets égyptiens et emprisonné dans son pays natal. La famille reçoit quelques lettres, envoyées secrètement, jusqu’à ce que toute correspondance cesse. 21 ans plus tard, lors de la chute de Kadhafi, les détenus sont libérés par le peuple mais Jaballa reste introuvable.

Hisham Matar a mené l’enquête pendant des années, d’ONG en ambassades, allant jusqu’à rencontrer Mandela et le fils de Kadhafi. Dans ce récit consacré à son père, il livre l’histoire poignante de sa famille et dresse le portrait subtil d’une Libye prise dans la tourmente de la dictature.

Graham Swift - Le dimanche des mères

Angleterre, 30 mars 1924. C’est le dimanche des mères, jour où les aristocrates donnent congé à leurs domestiques pour qu’ils rendent visite à leur famille. Jane, une jeune femme de chambre orpheline, le passera en compagnie de Paul, son amant de longue date. Traversant la campagne inondée de soleil, elle le rejoint pour un dernier rendez-vous car Paul s’apprête à épouser une riche héritière. Mais les choses ne se déroulent pas comme prévu. Ce dimanche changera à jamais le destin de Jane.

Graham Swift dépeint avec subtilité une aristocratie déclinante, porteuse des stigmates de la guerre, et l’émergence d’une classe nouvelle en quête de liberté. Un roman d’une intensité rare, troublant de grâce, de mystère et de sensualité.

Sayaka Murata - La fille de la supérette

« Les gens perdent tout scrupule devant la singularité, convaincus qu'ils sont en droit d'exiger des explications. »

36 ans et célibataire, Keiko travaille comme vendeuse dans un konbini, ces supérettes japonaises ouvertes 24h/24. Elle n'envisage pas de quitter ce petit univers rassurant, au grand dam de son entourage qui désespère de la voir un jour fonder une famille. Son existence bascule à l'arrivée d'un nouvel employé, Shiraha, lui aussi célibataire.

Éloge des anticonformistes, La fille de la supérette a connu un succès retentissant au Japon, où il a reçu le prix Akutagawa, équivalent du prix Goncourt.

Victor Del Arbol - La veille de presque tout

20 août 2010, 0 h 15. L’inspecteur Ibarra, transféré depuis 3 ans dans un commissariat de sa Galice natale après avoir brillamment résolu l’affaire de la petite disparue de Málaga, est appelé par l’hôpital de La Corogne au chevet d’une femme grièvement blessée. Elle ne veut parler qu’à lui. Difficilement reconnaissable derrière ses traits abîmés, celle qui le convoque n’est autre qu’Eva Malher, la mère de la fillette. Dans un sombre compte à rebours, le récit des événements qui l’ont conduite à ce triste état fait écho à l’urgence, au pressentiment qu’il pourrait être encore temps d’éviter un nouveau drame.

À mesure que l’auteur tire l’écheveau emmêlé de ces deux vies, leurs histoires – tragiques et sublimes – se percutent de plein fouet sur une côte galicienne âpre et sauvage. Dans ce saisissant roman choral où aucun personnage n’est secondaire et où, malgré l’affliction, chacun est convaincu que le bonheur reste à venir, Víctor del Árbol parvient à nimber de beauté l’abjection des actes, et de poésie la noirceur des âmes.

Laurent Mauvignier - Continuer

Sibylle, à qui la jeunesse promettait un avenir brillant, a vu sa vie se défaire sous ses yeux. Comment en est-elle arrivée là ? Comment a-t-elle pu laisser passer sa vie sans elle ? Si elle pense avoir tout raté jusqu’à aujourd’hui, elle est décidée à empêcher son fils, Samuel, de sombrer sans rien tenter. Elle a ce projet fou de partir plusieurs mois avec lui à cheval dans les montagnes du Kirghizistan, afin de sauver ce fils qu’elle perd chaque jour davantage, et pour retrouver, peut-être, le fil de sa propre histoire.

Avec Continuer, Laurent Mauvignier nous propulse dans les montagnes kirghizes, et s'arrête, s'installe. L'immobilité pour mieux dire le mouvement des choses, la vitesse pour en saisir la paralysie. Tel a toujours été le secret de son écriture, qui dessine ici le parcours accidenté du voyage initiatique d'une Bordelaise avec son fils adolescent, au fin fond de l'Asie centrale. Sibylle a vendu sa maison en France pour payer cette cavale de secours à Samuel, garçon en perdition, déscolarisé, déphasé, désaxé, dont la peur de l'avenir s'est transmuée en peur du présent. Le livre révèle les origines de ce geste d'amour sacrificiel, en suit l'effet boomerang après la déflagration, en mesure la portée mystérieuse, aléatoire, aussi destructrice que salvatrice. Rarement Laurent Mauvignier avait osé une telle évidence des sentiments, une telle puissance du don à l'autre.

Le roman est adapté au cinéma par Joachim Lafosse, dans le film homonyme sorti en 2019, avec Virginie Efira dans le rôle principal.

Abby Geni - Farallon Islands

Miranda débarque sur les îles Farallon, archipel sauvage au large de San Francisco livré aux caprices des vents et des migrations saisonnières. Sur cette petite planète minérale et inhabitée, elle rejoint une communauté de biologistes en observation, pour une année de résidence de photographe. Sa spécialité : les paysages extrêmes. La voilà servie. Et si personne ici ne l’attend ni ne l’accueille, il faut bien pactiser avec les rares humains déjà sur place, dans la promiscuité imposée de la seule maison de l’île : 6 obsessionnels taiseux et appliqués, chacun entièrement tendu vers l’objet de ses recherches.

Dans ce décor inamical et souverain se joue alors un huis clos à ciel ouvert où la menace est partout, où l’homme et l’environnement se disputent le titre de pire danger.

Avec une puissance d’évocation renversante et un sens profond de l’exploration des âmes, Abby Geni plonge le lecteur en immersion totale parmi les requins, les baleines, les phoques, les oiseaux et… les scientifiques, dans un vertigineux suspense, entre thriller psychologique et expérience de survie.

Anna Hope - La salle de bal

Lors de l’hiver 1911, Ella Fay est internée à l’asile de Sharston, dans le Yorkshire, pour avoir brisé une vitre de la filature où elle travaillait depuis l’enfance. Révoltée puis résignée, elle participe chaque vendredi au bal des pensionnaires, unique moment où hommes et femmes sont réunis. Elle y rencontre John, un Irlandais mélancolique. Tous deux dansent, toujours plus fébriles et plus épris. À la tête de l’orchestre, le docteur Fuller observe ses patients valser. Séduit par l’eugénisme et par le projet de loi sur le Contrôle des faibles d’esprit, Fuller a de grands projets pour guérir les malades, dont les conséquences pourraient être désastreuses pour Ella et John.

Après Le chagrin des vivants, Anna Hope transforme à nouveau une réalité historique méconnue en un roman subtil et puissant, entraînant le lecteur dans une ronde passionnée et dangereuse.

Marco Magini - Comme si j'étais seul

« À Srebrenica, la seule façon de rester innocent était de mourir. »

Dražen a 20 ans lorsque la guerre éclate en Yougoslavie. Pour subvenir aux besoins de sa famille, il s’engage dans l’armée serbe. Piégé dans un engrenage qui le dépasse, il finira par prendre part au massacre de Srebrenica. Un an après les faits, alors qu’il est le seul soldat à plaider coupable, Dražen est jugé au Tribunal pénal international de La Haye. Comme en témoigne Dirk, un casque bleu néerlandais, l’ONU s’est pourtant refusée à intervenir lors de ce génocide qui aura coûté la vie à 8.000 civils. Quelle sentence Romeo González, magistrat en charge de l’affaire, peut-il prononcer ? Quelle part de responsabilité un seul homme peut-il assumer dans ce qui est encore aujourd’hui considéré comme le pire massacre perpétré en Europe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale ?

Geneviève Damas - Patricia

Au Canada, Jean Iritimbi, un Centrafricain sans papiers, rencontre Patricia, une femme blanche, qui s’éprend de lui. Pour le ramener avec elle à Paris, elle vole le passeport d’un Afro-Américain. Mais Jean Iritimbi n’a pas dit à Patricia qu’il a une famille au pays, une femme et deux filles. Il apprend en les appelant qu’elles sont en route pour le rejoindre. Hélas, le bateau qui les transporte fait naufrage. On annonce peu de survivants.

×