Amos Oz - Judas

Le jeune Shmuel Asch désespère de trouver l’argent nécessaire pour financer ses études, lorsqu’il tombe sur une annonce inhabituelle. On cherche un garçon de compagnie pour un homme de 70 ans ; en échange de 5 heures de conversation et de lecture, un petit salaire et le logement sont offerts. C’est ainsi que Shmuel s’installe dans la maison de Gershom Wald où il s’adapte rapidement à la vie réglée de cet individu fantasque, avec qui il aura bientôt des discussions enflammées au sujet de la question arabe et surtout des idéaux du sionisme. Mais c’est la rencontre avec Atalia Abravanel qui va tout changer pour Shmuel, tant il est bouleversé par la beauté et le mystère de cette femme un peu plus âgée que lui, qui habite sous le même toit et dont le père était justement l’une des grandes figures du mouvement sioniste. Le jeune homme comprendra bientôt qu’un secret douloureux la lie à Wald... Judas est un magnifique roman d’amour dans la Jérusalem divisée de 1959, un grand livre sur les lignes de fracture entre judaïsme et christianisme, une réflexion admirable sur les figures du traître, et assurément un ouvrage essentiel pour comprendre l'histoire d’Israël. Un chef-d’œuvre justement acclamé dans le monde entier.

 Israélien, 2014, folio 6505, 370 p.

Oz

Susan Minot - Trente filles

Collège St Mary’s d’Aboke, Ouganda, dans la nuit du 10 octobre 1996. Sœur Giulia s’éveille, bientôt rejointe par le gardien de nuit et les autres religieuses, alors que les rebelles sont en train d’enlever 139 jeunes élèves. Décidant de se lancer à leur poursuite, elle ne pourra pourtant pas toutes les sauver. Qu’adviendra-t-il alors de ces 30 filles ? Jane, une journaliste américaine venue en Afrique enquêter sur ce drame, devra abandonner ses certitudes et ses a priori pour affronter la réalité afri-caine, et rencontrera Esther, l'une des rescapées.

Inspiré d’un fait réel, Trente filles est le récit d’un dilemme mortel et de réalités terrifiantes que Susan Minot réussit à restituer remarquable-ment, dans un style et un rythme percutants.

 Américaine, 2014, folio 6503, 445 p.

Minot

Donatella Rizzati - La petite herboristerie de Montmartre

À deux pas de la rue Lepic, à Montmartre, Viola Consalvi passe pour la première fois la porte d'une herboristerie. Pour cette passionnée de naturopathie, la découverte de ce lieu hors du temps est un véritable coup de foudre. Au contact de cet endroit magique et de sa propriétaire, Gisèle, la jeune étudiante est confortée dans son choix d'étudier la médecine alternative. Son diplôme en poche, Viola retourne à Rome et rencontre Michel avec qui elle va vivre six années de bonheur, d’amour et de lumière. Mais lorsque le destin lui vole brutalement son mari, son monde s’écroule. Au plus fort de la tourmente, une idée lui traverse soudain l'esprit : et si elle retournait à Paris, là où tout a commencé ?

« Une histoire émouvante, délicate et revigorante comme une tasse de thé, enivrante comme un parfum et chaleureuse comme un air de jazz. » Diretta News

 Italienne, 2017, Pocket 17223, 515 p.

Rizzati

Saphia Azzeddine - Bilqiss

Accusée de lire des poèmes, d'écouter de la musique ou encore de se maquiller, Bilqiss risque la lapidation. Mais son procès n'aboutit pas. Le juge, déstabilisé par la force de cette femme libre et qui se définit comme telle, peine à rendre un verdict. Dans un pays où la charia est strictement appliquée, Bilqiss est condamnée à la lapidation pour avoir lancé l'appel à la prière à la place du muezzin. Qui lui jettera la première pierre, du juge en proie à un amour impossible ou de la journaliste américaine pétrie de bons sentiments ? Bilqiss refuse de se soumettre, parle, rit, pleure, fustige ceux qui n'ont que le nom d'Allah à la bouche. Le roman d'une femme frondeuse qui se réapproprie Allah et ne craint pas de mourir pour rester fidèle à elle-même.

« L'écriture est magnifique, tant dans la forme que sur le fond. C'est fin, subtil, léger et tragique à la fois et, surtout, sans être doctrinal ni manichéen puisque plusieurs visions et logiques de société se confron-tent, très profond. » L'Express

 Franco-marocaine, 2015, J’ai lu 11372, 210 p.

Azzeddine

George S. Schuyler - Black no more

Selon Max, jeune Noir de Harlem en ce début des années 1930, un membre de sa communauté n’a que 3 alternatives : « Foutre le camp, devenir blanc ou serrer les dents. » Incapable de partir et n’appréciant guère de s’aplatir, Max va bondir sur la deuxième opportunité. En effet, grâce à Black No MoreTM, mystérieux procédé créé par un certain Dr Crookman, qui permet de changer de couleur de peau en 3 jours, Max et une foule de clients noirs empressés sont blanchis et peuvent ainsi s’introduire dans un monde qui leur était jusque-là interdit. Mais les Blancs sont-ils vraiment plus heureux ? Ce que Max découvre de leur société ne tarde pas à le laisser dubitatif…

« Schuyler a du mordant, le sens de l’observation, du style. Un détail : ce roman en forme d’énorme farce a été publié en 1931. Il est traduit en français pour la première fois. Le ton, la vivacité, l’alegria : on dirait qu’il a été écrit hier matin. » Le Canard enchaîné

 Américain, 1931, 10/18 5325, 230 p.

Schuyler

Edna O'Brien - Les petites chaises rouges

Dès qu'il arrive à Cloonoila, un trou perdu en Irlande, l'étranger suscite la fascination. Vladimir Dragan, originaire du Monténégro, entend s'établir comme guérisseur. Fidelma, très belle, mariée, tombe sous le charme. Mais un jour Dragan est arrêté. Recherché par toutes les polices, il est inculpé pour génocide, nettoyage ethnique, massacres, tortures, et emmené à La Haye, où il devra rendre compte de ses crimes. Au-delà de la guerre civile de Bosnie, de la figure de Radovan Karadžić, dont elle s’est inspirée, Edna O’Brien nous conte le destin d'une femme ordinaire à l’existence ravagée pour avoir vécu, sans savoir à qui elle avait affaire, une brève histoire d'amour avec l'un des monstres les plus sanguinaires du XXe  siècle.

« Un splendide roman sur le mensonge et l’innocence. » Le Monde des livres

« La grande Edna O’Brien a écrit son chef-d’œuvre. » Philip Roth

 Irlandaise, 2015, Poche 34949, 330 p.

O brien

Stella Vretou - Les souliers vernis rouges

En se promenant dans les rues animées d'Athènes, Néna découvre dans une vitrine une paire de souliers vernis rouges semblables à ceux qu'elle portait, enfant. Aussitôt, elle remonte le temps, se remémore ceux qu’elle a aimés et qui lui manquent tant. À la fin du XIXe siècle, Yagos, son arrière-grand-père, décide de quitter l'île grecque de Zante. Avec sa jeune et belle épouse, il partagera une existence faite de passions et de joies, mais aussi de drames et d’exils. D'Odessa à Athènes, en passant par Constantinople et Smyrne, leur famille vivra au rythme des soubresauts du XXe siècle. Alors qu'elle s'apprête à devenir mère, Néna saura-t-elle créer son propre chemin à travers ses racines grecques et turques et accepter ce passé tumultueux ?

« Une épopée faite d'amour, de joies et de peines. » L'Est éclair

 Grecque, 2014, Pocket 17137, 530 p.

Vretou

Franz-Olivier Giesbert - L'arracheuse de dents

Sous le plancher de sa maison de famille, un professeur retrouve par hasard les Mémoires inédits de son aïeule Lucile Bradsock, réfugiée en pleine Révolution française chez un célèbre dentiste parisien qui lui a appris le métier. Sa vie claque comme une épopée. Devenue l’une des premières femmes dentistes de l’Histoire, cette scandaleuse soigne Robespierre aussi bien que le fils du roi, avant de partir en Amérique sur un bateau négrier. Grâce à ses talents de praticienne et au fil de ses aventures entre les deux continents, Lucile rencontre Louis XVI, Washington, La Fayette ou Napoléon, tous décrits sous un jour inatten-du. Prenant fait et cause pour les esclaves du Sud ou les Indiens de l’Ouest, ce Monte-Cristo en jupons cherche toujours à infléchir le cours de l’Histoire sans oublier de redresser les torts et de faire justice elle-même. Infatigable séductrice, Lucile Bradsock professe un goût immo-déré de l’amour et des hommes. Sa devise : « Merci la vie ! » Cette odyssée truculente est finalement un hymne à la joie.

 Franco-américain, 2016, folio 6434, 460 p.

Giesbert

Chibundu Onuzo - La fille du roi araignée

Une histoire d’amour passionnelle et contrariée tourne au thriller dans les rues de Lagos. Abike Johnson a 17 ans. Fille d’une des plus grosses fortunes de Lagos, elle règne en maître dans l’immense domaine familial et tente de défier un père manipulateur et tyrannique. Un jour, alors qu’elle traverse la ville dans une luxueuse jeep, son regard croise celui de Runner G., un jeune colporteur qui lui vend une glace. Plongé dans la misère à la mort de son père, il doit arpenter les rues pauvres de Lagos pour faire survivre sa famille. Un monde les sépare ; pourtant, au fil des retrouvailles, leur attirance se noue en idylle, au mépris de toutes les conventions sociales. Mais Runner G. s’est lancé malgré lui dans un jeu dangereux, et Abike pourrait bien se révéler tout aussi manipulatrice que son père.

« Une tragédie nigériane enflammée. » The Guardian

 Nigériane, 2012, 10/18 5188, 310 p.

Onuzo

Michael Köhlmeier - Deux messieurs sur la plage

Un jour, s’étant échappés d’une fête hollywoodienne, Charlie Chaplin et Winston Churchill se promènent ensemble sur une plage de Californie et se confessent mutuellement un secret bien gardé : leurs crises de mélancolie et leurs tendances suicidaires. À cette occasion, ils décident que, chaque fois que l’un d’eux sera la proie de ce qu’ils nomment leur “chien noir”, il appellera l’autre au secours. À travers les rendez-vous réguliers, tout au long de leur vie, de ces deux monstres sacrés, Michael Köhlmeier fait se rencontrer des univers à première vue incompatibles : Hollywood et l’Angleterre avant et pendant la Seconde Guerre mondiale. Touchant ces hommes exceptionnels au plus intime, il retranscrit les interrogations qui ont été les leurs, qu’elles concernent l’art du mime et du cinéma pour Chaplin, ou la peinture et l’écriture pour Churchill. Un très beau roman chargé d’émotion doublé d’une réflexion subtile sur la littérature et la création.

 Autrichien, 2014, Babel 1504, 330 p.

Kohlmeier

Laetitia Colombani - La tresse

Inde. Smita est une Intouchable. Elle rêve de voir sa fille échapper à sa condition misérable et entrer à l’école. Sicile. Giulia travaille dans l’atelier de son père. Lorsqu’il est victime d’un accident, elle découvre que l’entreprise familiale est ruinée. Canada. Sarah, avocate réputée, va être promue à la tête de son cabinet quand elle apprend qu’elle est gravement malade. Liées sans le savoir par ce qu’elles ont de plus intime et de plus singulier, Smita, Giulia et Sarah refusent le sort qui leur est réservé et décident de se battre. Vibrantes d’humanité, leurs histoires tissent une tresse d’espoir et de solidarité. Trois femmes, trois vies, trois continents. Une même soif de liberté.

« Difficile de ne pas être touché par ce très joli récit. » Lire

« Un roman dans lequel il y a tout. » François Busnel, La Grande Librairie

 Française, 2017, Poche 34937, 225 p.

Colombani

Greg Olear - Fête des pères

Sa femme partie en déplacement professionnel, Josh Lansky, scéna-riste, doit rester une semaine seul avec ses 2 enfants en bas âge. Jusqu’à ce vendredi, il a réussi, tant bien que mal, à gérer l’essentiel : les petits sont toujours vivants, lui-même a survécu à Dora l’exploratrice, et n’a pas encore totalement pété les plombs. Mais lorsqu’il apprend par hasard que son épouse lui est peut-être infidèle, il ressent soudain le besoin urgent de faire une pause. Comme si c’était possible !

La pop culture a enseigné à Josh Lansky l’art de rester cool dans toutes les situations. Mais elle ne lui a pas appris que, dans certaines situ-ations, il était impossible de rester cool. Ce qui se passe alors dans son esprit est ici merveilleusement décrit par Greg Olear, dont la férocité n’a d’égale que la drôlerie. Ce roman diablement contemporain est réjouis-sant du début à la fin, avec ses multiples considérations sur la musique punk, l’écologie, Facebook, les manuels d’éducation, les effets dévas-tateurs des enfants sur la vie du couple, mais surtout sur la paternité. Si, comme l’écrit finalement Greg Olear, « Être père, c’est échouer », le naufrage est ici jubilatoire et incroyablement déculpabilisant.

 Américain, 2011, Pocket 17045, 430 p.

Olear

Chi Zijian - Bonsoir, la rose

Il faut d'abord imaginer ce Grand Nord de la Chine aux si longs hivers, les fleurs de givre sur les vitres et l'explosion vitale des étés trop brefs. Puis Xiao'e, une jeune fille modeste, pas spécialement belle, dit-elle, pour qui la vie n'a jamais été tendre. Et puis Léna aux yeux gris-bleu et au mode de vie raffiné, qui joue du piano et prie en hébreu, dont le visage exprime une solitude infinie. Xiao'e rencontre donc Léna, une vieille dame juive dont la famille s'est réfugiée à Harbin après la révolution d'Octobre. Tout semble les opposer, pourtant on découvrira qu'un terrible secret les lie. C'est un monde où les fantômes côtoient les supermarchés, où les blessures de l'enfance restent vivaces. A la fois désabusé et espiègle, tragique et gai. L'écriture de Chi Zijian est, elle, à la fois étincelante et d'une infinie délicatesse. Une auteure qui n'a pas fini de nous enchanter.

 Chinoise, 2013, Picquier poche, 210 p.

Chi 1

Luc Baba - Le mystère Curtius

Liège, quartier de la Batte, 1928. Ernest, Firmin et Joseph, trois amis détrousseurs de poches volent pour leur patron, Félix, un coffret de pièces anciennes, apparemment oublié dans une cave de la pres-tigieuse Maison Curtius. Ils ne savent pas que leur trésor hantait depuis plusieurs siècles cette demeure érigée comme un palais sur les bords de la Meuse liégeoise. Ils ignorent également que ce vol a ouvert les trappes d’une aventure faite de dangers et de mystères, où le détective Chantraine pourrait bien perdre la tête...

Ce roman historique de Luc Baba s'inscrit dans la collection « Read and Kill » des « Romans de gare » des éditions Luc Pire. Pour entrer dans cette collection, les écrivains qui ont accepté de se prêter au jeu ont dû tenir compte de deux impératifs. Premièrement ne pas dépasser 144 pages et deuxièmement, faire se dérouler leur histoire dans une ville belge où il y a une gare.

 Belge, 2013, Luc Pire, 130 p.

 

Baba
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