La Belle Époque et l’Entre-deux-guerres

La Belle Époque (1890-1914)

L’expression « Belle Époque » est née après la Première Guerre mondiale pour évoquer la période antérieure. Après la grande dépression des années 1880, la France connaît l'apogée de sa prospérité, de sa puissance et de son prestige : un âge d'or précédant le carnage, marqué par les progrès sociaux, économiques, technologiques et politiques. Si cette désignation contient une part de réalité (expansion, insouciance, foi dans le progrès, etc.), elle reflète surtout la vision idyllique que se feront les esprits après l'hécatombe de la Grande Guerre.

Quelque temps victime du triomphe du roman, le théâtre, qu'Edmond de Goncourt qualifiait de moribond en 1879, connaît une éclatante renaissance et voit se télescoper les écritures et les esthétiques. Des auteurs aux talents divers répondent aux attentes du public, d'autres choquent avec une liberté de ton qui installe le genre dans l'avant-garde des recherches littéraires.

  • Les foyers de rénovation scénique : André Antoine et le Théâtre-Libre, Aurélien Lugné-Poe et le Théâtre de l’œuvre, Jacques Copeau et le Vieux-Colombier
  • L’héritage naturaliste : Octave Mirbeau, Emile Fabre
  • Le théâtre d’idées : François de Curel, Paul Hervieu, Eugène Brieux
  • Le théâtre d’amour : Henry Bataille, Henry Bernstein, Georges de Porto-Riche
  • Le néo-romantisme : Edmond Rostand
  • Le théâtre comique : Georges Feydeau, Tristan Bernard, Robert de Flers et Gaston Arman de Caillavet, Georges Courteline, Sacha Guitry, Maurice Donnay, Alfred Capus, Henri Lavedan, Alfred Jarry
  • Le théâtre chrétien : Paul Claudel

 

Les années qui ont précédé la Première Guerre mondiale furent des années de révolution intellectuelle.

Ainsi s'explique l'importance prise alors par la littérature philosophique, idéologique ou politique. La philo-sophie en effet, et la politique, sous sa forme doctrinaire ou oratoire, attirent des écrivains authentiques qui mettent tout leur talent au service de leur pensée ou de leurs convictions.

Henri Bergson, Jean Jaurès, Charles Maurras  

 

 

 

L’Entre-deux-guerres (1918-1939)

L’effroyable boucherie de la « Grande Guerre » engendre une abondante littérature de témoignages et de protestations ainsi que la contestation radicale du mouvement Dada et du surréalisme. L’impasse du naturalisme provoque des transformations dans l'écriture romanesque. Les auteurs traitent de nouveaux sujets, explorent de nouvelles voies, développent des techniques inédites.  Enfin, après l'insouciance « des années folles », la crise de 1929, la « montée des périls » et la menace d’une nouvelle guerre amènent les écrivains à s’impliquer davantage dans la société.

Le roman connaît un développement considérable.  Il s’ouvre à la poésie, au reportage, à l’essai, à la reconstitution historique, à la méditation philosophique ou politique.

  • Le roman de guerre : Henri Barbusse, Roland Dorgelès, Gabriel Chevallier
  • Le roman psychologique : André Gide, Marcel Proust, Raymond Radiguet, Jacques Chardonne, Marcel Arland, Jacques de Lacretelle, André Maurois, Robert Brasillach
  • Le roman réaliste : Roger Martin du Gard, Jules Romains, Georges Duhamel, Francis Carco, Eugène Dabit, Georges Simenon, Louis-Ferdinand Céline
  • Ecritures poétiques du roman : François Mauriac, Georges Bernanos, Julien Green, Colette, Jean Giono
  • Quête des valeurs et écriture romanesque : Pierre Drieu La Rochelle, Paul Nizan, André Malraux, Antoine de Saint-Exupéry, Henry de Montherlant
  • La nouvelle et le récit court : Paul Morand, Marcel Aymé
  • Les rustiques » :  Maurice Genevoix, Henri Bosco, Charles-Ferdinand Ramuz
  • Un énorme succès populaire : Pierre Benoit             
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